dimanche 8 juillet 2007

Après Godot.

Comme si je n'avais vu le soleil depuis un bout de temps. Retour d'ivresse. Malléole contre chaise, le corps lourd et capricieux. La gueule de bois d'une femme; et déjà l'impression d'en dire trop. Hier il y a eu.
Assis tout sanguinolent de grenadine à patienter, gentil, peu présentable. Elle arrive, s'installe et captive; d'elle même, autant le suis-je qu'elle. Il y aurait quelque chose de triste à raconter, c'est que je ne me souviens plus. D'autres choses que ce qui vit au fond de ce regard, je n'ai rien retenu. C'est une rhétorique forcément, et toujours je trouve le sentiment d'en dire trop. Il y a eu. Je me rassure.
Danser dans la rue, sous le soleil qui renait. Parler. Que les mots jaillissent, patience. De beaux instants qui enivrent. Aller sans retour. Divaguer autour d'une gare qu'on ne cherche plus, vraiment. Grenadine et pénurie de raisins. Simple. Equivoque.
Le sentiment d'avoir été complété en ce jour. Même s'il reste la sensation d'en dire trop. Passer du temps dans ces côtés, redevenir simple soi.

Il y a eu et j'ai été. Aujourd'hui est fade, il a ressortit son fard et ses mascaras. Le père qui rumine du Robert Fripp. Le frère qui s'avachit sur un écran. Tecktonik des plaques de gel. Il y a ce petit monde qui revit encore, incessant ressac, tambouille des pauvres. Les affamés qui n'ont pas connus.


Théo

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