Le retour des sensations. Ca a pété dans mes veines. Dès la levée du jour. Le sommeil qui quitte mon corps penaud aux aurores et déjà la douleur d'être réveillé. Tôt. Fatigue sans sommeil. Les gelées de l'été sont là; tout marche de travers.
J'ai couru à l'autre bout de Paris, dans un métro sale. Lent. La banquière et son décolleté n'ont pas suffit à me rassurer. Ca tressautait là dedans, tout frais, clinquant. Combien voulez-vous monsieur. Elle n'était même pas agréable. Sans doute toute incapable de tirer des leçons de ses seins complètement érudits. Ils connaissent la vie; la laisse conne, avachie et plaintive. Derrière un bureau trop grand pour elle. Dans un bout de tissu trop bien pour elle.
Le train joue l'arlésienne. J'aurais préféré que ce ne soit de Bizet qu'il s'inspire. Ici, où là les gens puent. Le regard me vomit. C'était il y a longtemps la dernière fois. Et je n'ai pas réalisé tout de suite.
Les sensations sont revenues. Et la queue, la caisse, l'indonésienne qui ne parle pas français ont disparus. Evincés. Il y avait à nouveau la sensation.
Puis les arbres en soirée qui ont repris leur chansonnette. Les oiseaux. L'odeur des flottes.
Théo

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