dimanche 5 août 2007

Je suis un soir d'été.

Dans cette nuit matinale, il n'y a d'étoiles que ces oiseaux d'acier. Ils peuplent la vacance d'un ciel à défaut de mieux. Parés, attifés, tout apprêtés à leur tâches. Phares de l'immensité, brulée par les réverbères. Et à la fenêtre, je m'accoude empli de la fatigue de n'avoir rien fait.
Lâche et sans envergures j'ai eu la masse d'une raison pour amie. Des pas au près de l'eau et un pied qui s'engouffre à se tordre dans un creux. Je suis un "baltringue" dirait les faucheurs. A peine capable de savoir ce qu'il veut. Sans certitudes on empli les cieux d'étoiles mouvantes. Elles finiront toujours par vous mazouter, ou par effondrer les tours, jumelles de votre existence bien ancrée dans le sol.
A lire des livres sans goût. A ne pas trouver la force d'écrire sérieusement. Projet fastidieux gâché par paresse. Femme aux merveilles dissimulées à peine frôlée pour ne pas s'y laisser prendre. On meurt tous avec nos regrets. Si j'avais du mourir ce soir là. Alors je serai parti vidé de ce qui construit ma vie. Les mots que j'aime. Les femmes qui me fondent. Et les doutes. Mais le ciel des idées n'est pas si accueillant. On s'y retrouve plombé des certitudes. On s'arrête au bord de la route du destin et on trouve la borne vingt kilomètres plutôt paisible. Retrouver l'immobile, s'y asseoir à l'orangeade. Tout aurait été facile.

L'écrivain qui dort dans son bureau. Contemple ce qu'il n'écrit pas; ce qu'il voit à peine dans le miroir de sa solitude.

1 commentaire:

Tiphaine Violette a dit…

"...il n'y a d'étoiles que ces oiseaux d'acier"
J'aime beaucoup, c'est très joli.
Tu as une écriture pesée et posée, sans mots de parade qui gonflent les phrases inutilement. Et ça c'est bien :]